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voire. Vos yeux sont comme les piscines d’Hésébon, situées à la porte du plus grand concours des peuples. Votre nez est comme la tour du Liban, qui regarde vers Damas.

5 Votre tête est comme le mont Carmel ; et les cheveux de votre tête sont comme la pourpre du roi, liée et teinte deux fois dans les canaux des teinturiers.

6 Que vous êtes belle et pleine de grâces, à vous qui êtes ma très-chère, et les délices de mon cœur !

7 Votre taille est semblable à un palmier, et vos mamelles à des grappes de raisin.

8 J’ai dit : Je monterai sur le palmier, et j’en cueillerai des fruits, et vos mamelles seront comme des grappes de raisin, et l’odeur de votre bouche comme celle des pommes.

9 Ce qui sort de votre gorge est comme un vin excellent.


L’ÉPOUSE.


Il est digne d’être bu par mon bien-aimé, et longtemps goûté entre ses lèvres et ses dents.

10 Je suis à mon bien-aimé, et son cœur se tourne vers moi.

11 Venez, mon bien-aimé, sortons dans les champs, demeurons dans les villages.

12 Levons-nous dès le matin pour aller aux vignes : voyons si la vigne a fleuri ; si les fleurs produisent des fruits ; si les pommes de grenade sont en fleur : c’est là que je vous offrirai mes mamelles.

13 Les mandragores ont répandu leur odeur : nous avons toutes sortes de fruits à nos portes. Je vous ai gardé, ô mon bien-aimé ! les nouveaux et les anciens.



L’ÉPOUSE.


QUI me procurera le bonheur de vous avoir pour frère, suçant le lait de ma mère ; afin que je vous trouve dehors, que je vous donne un baiser, et qu’à l’avenir personne ne me méprise ?

2 Je vous prendrai, et je vous conduirai dans la maison de ma mère : c’est là que vous m’instruirez, et je vous donnerai un breuvage d’un vin mêlé de parfums, et un suc nouveau de mes pommes de grenade.

3 Sa main gauche est sous ma tête, et il m’embrassera de sa main droite.


L’ÉPOUX.


4 Je vous conjure, ô filles de Jérusalem ! de ne point réveiller celle qui est la bien-aimée de mon âme, et de ne la point tirer de son repos, jusqu’à ce qu’elle le veuille.


LES COMPAGNES DE L’ÉPOUSE.


5 Qui est celle-ci qui s’élève du désert, toute remplie de délices, et appuyée sur son bien-aimé ?


L’ÉPOUX.


Je vous ai réveillée sous le pommier : c’est là que votre mère vous a conçue ; c’est là que celle qui vous a donné la vie vous a mise au monde.

6 Mettez-moi comme un sceau sur votre cœur, comme un sceau sur votre bras : parce que l’amour est fort comme la mort, et que le zèle de l’amour est inflexible comme l’enfer : ses lampes sont comme des lampes de feu et de flammes.

7 Les grandes eaux n’ont pu éteindre la charité, et les fleuves n’auront pas la force de l’étouffer. Quand un homme aurait donné toutes les richesses de sa maison pour la charité, il les mépriserait comme s’il n’avait rien donné.


L’ÉPOUSE.


8 Notre sœur est encore petite, et elle n’a point de mamelles : que ferons-nous à notre sœur au jour ou il faudra lui parler ?


L’ÉPOUX.


9 Si elle est comme un mur, bâtissons dessus des tours d’argent ; si elle est comme une porte, fermons-la avec des ais de bois de cèdre.


L’ÉPOUSE.


10 Je suis moi-même comme un mur ; et mes mamelles sont comme une tour depuis que j’ai paru en sa présence, comme ayant trouvé en lui ma paix.

11 Le Pacifique a eu une vigne dans celle où il y a une multitude de peuples ; il l’a donnée à des gens pour la garder : chaque homme doit rendre mille pièces d’argent pour le fruit qu’il en retire.

12 Pour ma vigne, elle est devant moi. O Pacifique ! vous retirerez mille pièces d’argent de votre vigne, et ceux qui en gardent et en recueillent les fruits en retireront deux cents.


L’ÉPOUX.


13 Ô vous qui habitez dans les jardins ! nos amis sont attentifs à écouter : faites-moi entendre votre voix.


L’ÉPOUSE.


14 Fuyez, ô mon bien-aimé ! et soyez semblable à un chevreuil et à un faon de cerf, en vous retirant sur les montagnes des aromates.