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ajouter, ni rien ôter, à tout ce que Dieu a fait, afin qu’on le craigne.

15 Ce qui a été, est encore ; ce qui doit être, a déjà été ; et Dieu rappelle ce qui est passé.

16 J’ai vu sous le soleil l’impiété dans le lieu du jugement, et l’iniquité dans le lieu de la justice.

17 Et j’ai dit en mon cœur : Dieu jugera le juste et l’injuste ; et alors ce sera le temps de toutes choses.

18 J’ai dit en mon cœur touchant les enfants des hommes, que Dieu les éprouve, et qu’il fait voir qu’ils sont semblables aux bêtes.

19 C’est pourquoi les hommes meurent comme les bêtes, et leur sort est égal. Comme l’homme meurt, les bêtes meurent aussi. Les uns et les autres respirent de même, et l’homme n’a rien de plus que la bête : tout est soumis à la vanité ;

20 et tout tend en un même lieu. Ils ont tous été tirés de la terre, et ils retournent tous dans la terre.

21 Qui connaît si l’âme des enfants des hommes monte en haut, et si l’âme des bêtes descend en bas ?

22 Et j’ai reconnu qu’il n’y a rien de meilleur à l’homme que de se réjouir dans ses œuvres, et que c’est là son partage. Car qui pourra le mettre en état de connaître ce qui doit arriver après lui ?



J’AI porté mon esprit ailleurs : j’ai vu les oppressions qui se font sous le soleil, les larmes des innocents qui n’ont personne pour les consoler, et l’impuissance où ils se trouvent de résister à la violence, abandonnés qu’ils sont du secours de tout le monde.

2 Et j’ai préféré l’état des morts à celui des vivants :

3 j’ai estimé plus heureux que les uns et les autres, celui qui n’est pas encore né, et qui n’a point vu les maux qui se font sous le soleil.

4 J’ai considéré aussi tous les travaux des hommes, et j’ai reconnu que leur industrie est exposée à l’envie des autres ; et qu’ainsi cela même est une vanité et une inquiétude inutile.

5 L’insensé met ses mains l’une dans l’autre, et il mange sa propre chair, en disant :

6 Un peu dans le creux de la main vaut mieux avec du repos, que plein les deux mains avec travail et affliction d’esprit.

7 En considérant toutes choses, j’ai trouvé encore une autre vanité sous le soleil :

8 Tel est seul et n’a personne avec lui, ni enfant, ni frère, qui néanmoins travaille sans cesse : ses yeux sont insatiables de richesses ; et il ne lui vient point dans l’esprit de se dire à lui-même : Pour qui est-ce que je travaille ? et pourquoi me priver moi-même de l’usage de mes biens ? C’est là encore une vanité, et une affliction bien malheureuse.

9 Il vaut donc mieux être deux ensemble, que d’être seul : car ils tirent de l’avantage de leur société.

10 Si l’un tombe, l’autre le soutient : malheur à l’homme seul ! car lorsqu’il sera tombé, il n’aura personne pour le relever.

11 Si deux dorment ensemble, ils s’échauffent l’un l’autre ; mais comment un seul s’échauffera-t-il ?

12 Si quelqu’un a de l’avantage sur l’un des deux, tous deux lui résistent : un triple cordon se rompt difficilement.

13 Un enfant pauvre, mais qui est sage, vaut mieux qu’un roi vieux et insensé, qui ne saurait rien prévoir pour l’avenir.

14 Car quelquefois tel est dans la prison et dans les chaînes, qui en sort pour être roi ; et tel est né roi, qui tombe dans une extrême pauvreté.

15 J’ai vu tous les hommes vivants qui marchent sous le soleil, avec le second jeune homme qui doit se lever en la place de l’autre.

16 Tous ceux qui ont été avant lui sont un peuple infini en nombre, et ceux qui doivent venir après, ne se réjouiront point en lui ; mais cela même est une vanité et une affliction d’esprit.

17 Considérez où vous mettez le pied, lorsque vous entrez dans la maison du Seigneur, et approchez-vous pour écouter. Car l’obéissance vaut beaucoup mieux que les victimes des insensés, qui ne connaissent pas le mal qu’ils font.



NE dites rien inconsidérément, et que votre cœur ne se hâte point de proférer des paroles devant Dieu. Car Dieu est dans le ciel, et vous sur la terre ; c’est pourquoi parlez peu.

2 La multitude des soins produit des songes ; et l’imprudence se trouve dans l’abondance des paroles.

3 Si vous avez fait un vœu à Dieu, ne différez point de vous en acquitter : car la promesse infidèle et imprudente lui déplaît. Mais accomplissez tous les vœux que vous aurez faits.

4 Il vaut beaucoup mieux ne faire point de vœux, que d’en faire et ne les pas accomplir.

5 Que la légèreté de votre bouche ne soit pas à votre chair une occasion de tomber dans le péché ; et ne dites pas devant l’ange, Il n’y a point de providence ; de peur que Dieu étant irrité contre vos paroles, ne détruise tous les ouvrages de vos mains.

6 Où il y a beaucoup de songes, il y a aussi beaucoup de vanité et des dis-