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à cette colonne, et on l’appelle encore aujourd’hui, la Main d’Absalom.

19 Après la mort d’Absalom, Achimaas, fils de Sadoc, dit à Joab : Je vais courir vers le roi, et lui dire que Dieu lui a fait justice, et l’a vengé de ses ennemis.

20 Joab lui dit : Vous porterez les nouvelles une autre fois, mais non aujourd’hui : je ne veux pas que ce soit vous présentement, parce que le fils du roi est mort.

21 Joab dit donc à Chusi : Allez-vous-en, vous, et annoncez au roi ce que vous avez vu. Chusi lui fit une profonde révérence, et se mit à courir.

22 Achimaas, fils de Sadoc, dit encore à Joab : Mais si je courais aussi après Chusi ? Mon fils, dit Joab, pourquoi voulez-vous courir ? Vous serez le porteur d’une méchante nouvelle.

23 Mais enfin si je courais ? ajouta Achimaas. Courez donc, répondit Joab. Ainsi Achimaas courant par un chemin plus court, passa Chusi.

24 Cependant David était assis entre les deux portes de la ville ; et la sentinelle qui était sur la muraille au haut de la porte, levant les yeux, vit un homme qui courait tout seul,

25 et jetant un grand cri, il en avertit le roi. Le roi lui dit : S’il est seul, il porte une bonne nouvelle. Lorsque ce premier s’avançait à grande hâte, et était déjà proche,

26 la sentinelle en vit un second qui courait aussi ; et criant d’en haut, il dit : Je vois courir encore un autre homme qui est seul. Le roi lui dit : Il apporte aussi une bonne nouvelle.

27 La sentinelle ajouta : A voir courir le premier, il me semble que c’est Achimaas, fils de Sadoc. Le roi lui dit : C’est un homme de bien, et il nous apporte de bonnes nouvelles.

28 Achimaas criant de loin, dit au roi : Seigneur, que Dieu vous conserve ! Et s’abaissant jusqu’en terre devant lui, il ajouta : Béni soit le Seigneur, votre Dieu, qui a livré entre vos mains ceux qui s’étaient soulevés contre le roi, mon seigneur !

29 Le roi lui dit : Mon fils Absalom est-il en vie ? Achimaas lui répondit : Lorsque Joab, votre serviteur, m’a envoyé vers vous, j’ai vu s’élever un grand tumulte : c’est tout ce que je sais.

30 Passez, lui dit le roi, et tenez-vous là. Lorsqu’il fut passé, et qu’il se tenait en sa place,

31 Chusi parut, et il dit en arrivant : Mon seigneur et mon roi, je vous apporte une bonne nouvelle : car le Seigneur a jugé aujourd’hui en votre faveur, et vous a délivré de la main de tous ceux qui s’étaient soulevés contre vous.

32 Le roi dit à Chusi : Mon fils Absalom est-il en vie ? Chusi lui répondit : Que les ennemis de mon roi, et tous ceux qui se soulèvent contre lui pour le perdre, soient traités comme il l’a été !

33 Le roi étant donc saisi de douleur, monta à la chambre qui était au-dessus de la porte, et se mit à pleurer. Et il disait en se promenant : Mon fils Absalom ! Absalom, mon fils ! que ne puis-je donner ma vie pour la tienne ! mon fils Absalom ! Absalom, mon fils !



EN même temps on avertit Joab que le roi était dans les larmes, et qu’il pleurait son fils ;

2 et la victoire fut changée en deuil dans toute l’armée, parce que tout le peuple sut que le roi était affligé de la mort d’Absalom.

3 Les troupes entrèrent dans la ville sans bruit, et sans oser presque se montrer, comme une armée qui aurait été défaite et mise en fuite dans une bataille.

4 Le roi cependant s’étant couvert la tête, criait à haute voix : Mon fils Absalom ! Absalom, mon fils ! mon fils !

5 Joab étant entré au lieu où était le roi, lui dit : Vous avez aujourd’hui couvert de confusion tous les serviteurs qui vous ont sauvé la vie, et qui l’ont sauvée à vos fils et à vos filles, a vos femmes et à vos concubines.

6 Vous aimez ceux qui vous haïssent, et vous haïssez ceux qui vous aiment. Vous avez fait voir aujourd’hui que vous ne vous mettez nullement en peine ni de vos officiers, ni de vos soldats ; et je vois fort bien que si Absalom vivait, et que nous eussions tous été tués, vous seriez content.

7 Venez donc présentement vous montrer à vos serviteurs : parlez-leur, et témoignez-leur la satisfaction que vous avez d’eux : car je vous jure par le Seigneur, que si vous ne le faites, vous n’aurez pas cette nuit un seul homme auprès de vous ; et vous vous trouverez dans un plus grand péril que vous n’avez jamais été depuis les premières années de votre vie jusqu’aujourd’hui.

8 Le roi alla donc s’asseoir à la porte de la ville ; et le peuple ayant été averti qu’il était là, tout le monde vint se présenter devant lui. Cependant, comme après la fuite des troupes d’Israël chacun s’était retiré chez soi,

9 le peuple dans toutes les tribus s’entre-disait à l’envi l’un de l’autre : Le roi nous a délivrés de nos ennemis, il nous a sauvés de la main des Philistins, et il a été contraint de fuir hors de son pays à cause du soulèvement d’Absalom.

10 Absalom que nous avions sacré pour roi, est mort dans le combat : qu’attendez-vous donc, et pourquoi ne faites-vous point revenir le roi ?

11 Le roi David ayant été averti de cette bonne volonté que tout Israël avait pour