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jusqu’au soir ; et ayant battu avec une baguette les épis qu’elle avait recueillis, et en ayant tiré le grain, elle trouva environ la mesure d’un éphi d’orge (c’est-à-dire, trois boisseaux).

18 S’en étant chargée, elle retourna à la ville, et les montra à sa belle-mère ; elle lui présenta aussi et lui donna les restes de ce qu’elle avait mangé, dont elle avait été rassasiée.

19 Sa belle-mère lui dit : Où avez-vous glané aujourd’hui, et où avez-vous travaillé ? Béni soit celui qui a eu pitié de vous. Ruth lui marqua celui dans le champ duquel elle avait travaillé, et lui dit que cet homme s’appelait Booz.

20 Noémi lui répondit : Qu’il soit béni du Seigneur ! car il a gardé pour les morts la même bonne volonté qu’il a eue pour les vivants. Et elle ajouta : Cet homme est notre proche parent.

21 Ruth lui dit : Il m’a donné ordre encore de me joindre à ses moissonneurs jusqu’à ce qu’il eût recueilli tous ses grains.

22 Sa belle-mère lui répondit : Il vaut mieux, ma fille, que vous alliez moissonner parmi les filles de cet homme ; de peur que quelqu’un ne vous fasse de la peine dans le champ d’un autre.

23 Elle se joignit donc aux filles de Booz, et elle alla toujours à la moisson avec elles, jusqu’à ce que les orges et les blés eussent été mis dans les greniers.



RUTH étant revenue trouver sa belle-mère, Noémi lui dit : Ma fille, je pense à vous mettre en repos, et je vous pourvoirai d’une telle sorte que vous serez bien.

2 Booz, aux filles duquel vous vous êtes jointe dans le champ, est notre proche parent, et il vannera cette nuit son orge dans son aire.

3 Lavez-vous donc, parfumez-vous d’huile de senteur, et prenez vos plus beaux habits, et allez à son aire. Que Booz ne vous voie point, jusqu’à ce qu’il ait achevé de boire et de manger.

4 Quand il s’en ira pour dormir, remarquez le lieu où il dormira ; et y étant venue, vous découvrirez la couverture dont il sera couvert du côté des pieds, et vous vous jetterez là, et y dormirez. Après cela il vous dira lui-même ce que vous devez faire.

5 Ruth lui répondit : Je ferai tout ce que vous me commanderez.

6 Elle alla donc à l’aire de Booz, et elle fit tout ce que sa belle-mère lui avait commandé.

7 Et lorsque Booz, après avoir bu et mangé, étant devenu plus gai, s’en alla dormir près d’un tas de gerbes, elle vint tout doucement, et ayant découvert sa couverture du côté des pieds, elle se coucha là.

8 Sur le minuit Booz fut effrayé et se troubla, voyant une femme couchée à ses pieds,

9 et il lui dit : Qui êtes-vous ? Elle lui répondit : Je suis Ruth, votre servante : étendez votre couverture sur votre servante, parce que vous êtes mon proche parent.

10 Booz lui dit : Ma fille, que le Seigneur vous bénisse ! cette dernière bonté que vous témoignez passe encore la première ; parce que vous n’avez point été chercher de jeunes gens, ou pauvres, ou riches.

11 Ne craignez donc point ; je ferai tout ce que vous m'avez dit : car tout le peuple de cette ville sait que vous êtes une femme de probité.

12 Pour moi je ne désavoue pas que je sois parent ; mais il y en a un autre plus proche que moi.

13 Reposez-vous cette nuit ; et aussitôt que le matin sera venu, s’il veut vous retenir par son droit de parenté, à la bonne heure : s’il ne le veut pas, je vous jure par le Seigneur, qu’indubitablement je vous prendrai. Dormez là jusqu’au matin.

14 Elle dormit donc à ses pieds jusqu’à ce que la nuit fût passée ; et elle se leva le matin avant que les hommes se pussent entre-connaître. Booz lui dit encore : Prenez bien garde que personne ne sache que vous soyez venue ici.

15 Et il ajouta : Etendez le manteau que vous avez sur vous, et tenez-le bien des deux mains. Ruth l’ayant étendu et le tenant, il lui mesura six boisseaux d’orge et les chargea sur elle, et elle les emportant retourna à la ville,

16 et vint trouver sa belle-mère, qui lui dit : Ma fille, qu’avez-vous fait ? Elle lui raconta tout ce que Booz avait fait pour elle,

17 et lui dit : Voilà six boisseaux d’orge qu’il m’a donnés, en me disant : Je ne veux pas que vous retourniez les mains vides vers votre belle-mère.

18 Noémi lui dit : Attendez, ma fille, jusqu’à ce que nous voyions à quoi se terminera cette affaire. Car cet homme n’aura point de repos, qu’il n’ait accompli tout ce qu’il a dit.



BOOZ alla donc à la porte de la ville, et s’y assit ; et voyant passer ce parent dont il a été parlé auparavant, il lui dit en l’appelant par son nom : Venez un peu, et asseyez-vous ici. Ce parent vint donc, et s’assit.

2 Et Booz ayant pris dix hommes des anciens de la ville, leur dit : Asseyez-vous ici.

3 Après qu’ils furent assis, il parla à son parent de cette sorte : Noémi qui est revenue du pays de Moab, doit vendre une partie du champ d’Elimélech, notre parent.