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JEAN RHOBIN

locuteur, je vais vous le dire : l’esprit de parti ne disparaîtra que le jour où notre voirie sera terminée et que tous ses réseaux auront été couverts de béton et d’asphalte luisant. » — « Oh ! reprit Jean, je serai encore longtemps bon partisan. »

Depuis son arrivée au Bois-Brûlé, Jean Rhobin avait reçu plusieurs petites faveurs ministérielles.

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S’étant acquis ce que l’on appelle vulgairement dans la région du Bois-Brûlé, un « pic à gravelle », il vendait au gouvernement ce matériel si rare au pays et toujours extrait à haut prix. C’est lui, qui, chaque année, blanchissait les « poteaux de téléphone » qui longent nos routes nationales. Il accomplissait ce travail très minutieusement. Ça se comprend ! Pourvu que ces poteaux soient chaque année à demi couverts de chaux, le voyageur au volant de sa voiture et ses passagers sentent beaucoup moins les trous de la route. En même temps, la vente de cette matière blanchissante apportait quel-