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JEAN RHOBIN

— Mais emparons-nous de ces industries.

— Par la force ?

— Non, sans doute.

— En effet, nous ne sommes pas prêts à faire bondir spontanément des entreprises comparables à celles des trustards que nous avons nous-mêmes trop aveuglément favorisés. Il resterait, comme vous dites, à nous emparer des institutions étrangères. Cela s’accomplira à la longue, pourvu que nous soyons patients et travailleurs. Des capitaux, ça se gagne. Ça s’accumule sou par sou.

— Vous aimez donc bien la mentalité des gens du Lac Saint-Jean ?

— Ah ! Ne soyez pas sous l’impression que tout le monde soit sans défauts. Il existe par exemple, un certain narcissisme — qui tend de plus en plus à disparaître — qui persiste encore. On a tendance à considérer comme des étrangers ceux qui ne sont pas natifs de la région. C’est du petit séparatisme régional, peut-être analogue à la crise de séparatisme national, mais beaucoup moins effrayant. Je pense donc que vous auriez du succès à