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Quand tu vins parfumer la tige impériale,
Djihan-Arâ ! Le ciel était splendide et pur ;
L’astre du grand Akbar en couronnait l’azur ;
Et couchée au berceau sur la pourpre natale,
Rose, tu fleurissais dans le sang de Tymur.

L’aurore où tu naquis fut une aube de fête ;
Son rose éclair baigna d’abord tes faibles yeux.
Ton oreille entendit flotter un bruit joyeux
De voix et de baisers, et, de la base au faîte,
Tressaillir la demeure auguste des aïeux.

De ses jardins royaux, Delhi, la cité neuve,
Effeuilla devant toi l’arôme le plus frais ;
Les peuples, attentifs à l’heure où tu naîtrais,
Saluèrent ton nom sur les bords du saint fleuve,
Et l’écho le redit à l’oiseau des forêts.