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façade opposée à l’entrée de l’hôtel.

Le lendemain, il aperçut l’Anglais, au moment où celui-ci descendait de sa chambre. C’était un homme encore jeune, lourd d’aspect, et dont la tristesse et l’accablement s’exprimaient par des mouvements nerveux où il y avait de l’angoisse et du désespoir.

Deux jours après, comme Raoul se proposait de lui transmettre sa carte, avec une demande d’entretien confidentiel, il avisa dans le couloir quelqu’un qui venait frapper à la porte voisine : Marescal.

Le fait ne l’étonna point outre mesure. Puisque lui-même venait aux renseignements de ce côté, il était fort naturel que Marescal cherchât à savoir ce qu’on pouvait apprendre du père de Constance.

Il ouvrit donc l’un des battants matelassés de la double porte qui le séparait de la chambre contiguë. Mais il n’entendit rien de la conversation.

Il y en eut une autre le lendemain. Raoul avait pu auparavant pénétrer chez l’Anglais et tirer le verrou. De sa chambre il entrebâilla le second battant que dissimulait une tenture. Nouvel échec. Les deux interlocuteurs parlaient si bas qu’il ne surprit pas le moindre mot.

Il perdit ainsi trois jours que l’Anglais et le policier employèrent à des conciliabules qui l’intriguaient vivement. Quel but poursuivait Marescal ? Révéler à lord Bakefield que sa fille était une voleuse, cela, certainement, Marescal n’y pensait même point. Mais alors devait-