Page:Leblanc - La demoiselle aux yeux verts, paru dans Le Journal, du 8 déc 1926 au 18 jan 1927.djvu/46

Cette page a été validée par deux contributeurs.


— Ça y est, dit-il tout bas… Une femme… Une femme blonde !… Allons, la petite, montrez-moi votre jolie frimousse.

Il saisit la tête de force et la tourna. Ce qu’il vit était tellement extraordinaire qu’il n’accepta pas l’invraisemblable vérité.

— Non, non, murmura-t-il, ce n’est pas admissible.

Il observa la porte d’entrée, ne voulant pas qu’aucun des autres le rejoignît. Puis, fiévreusement, il arracha la casquette. Le visage apparut, éclairé en plein, sans réserve.

— Elle ! Elle murmura-t-il. Mais je suis fou… Voyons, ce n’est pas croyable… Elle, ici ! Elle, une meurtrière ! Elle !… Elle !

Il se pencha davantage. La captive ne bronchait pas. Sa pâle figure n’avait pas un tressaillement, et Marescal lui jetait, d’une voix haletante :

— C’est vous ! Par quel prodige ? Ainsi, vous avez tué… et les gendarmes vous ont ramassée ! Et vous êtes là, vous ! Est-ce possible !

On eût dit vraiment qu’elle dormait. Marescal se tut. Est-ce qu’elle dormait en réalité ? Il lui dit :

— C’est cela, ne remuez pas… Je vais éloigner les autres et revenir… Dans une heure, je serai là… et on parlera… Ah ! il va falloir filer doux, ma petite.

Que voulait-il dire ? Allait-il lui proposer quelque abominable marché ? Au fond (Raoul le devina), il ne devait pas avoir de dessein bien fixe. L’événement le prenait au dé-