Page:Leblanc - La demoiselle aux yeux verts, paru dans Le Journal, du 8 déc 1926 au 18 jan 1927.djvu/34

Cette page a été validée par deux contributeurs.


vaise coupe. Le plus jeune avait reçu une balle en plein front, l’autre dans le cou.

Marescal, qui affectait la plus grande réserve, les examina longuement, sans même les déranger de leur position, fouilla leurs poches, et les recouvrit du même drap.

— Monsieur le commissaire, dit Raoul, à qui la vanité et les prétentions de Marescal n’avaient pas échappé, j’ai l’impression que vous avez déjà fait du chemin sur la voie de la vérité. On sent en vous un maître. Vous est-il possible en quelques mots ?…

— Pourquoi pas ? dit Marescal, qui entraîna Raoul dans un autre compartiment. La gendarmerie ne va pas tarder, et le médecin non plus. Afin de bien marquer la position que je prends, et de m’en assurer le bénéfice, je ne suis pas fâché d’exposer au préalable le résultat de mes premières investigations.

— Vas-y, pommadé, se dit Raoul. Tu ne peux pas choisir un meilleur confident que moi.

Il parut confus d’une telle aubaine. Quel honneur et quelle joie ! Le commissaire le pria de s’asseoir et commença :

— Monsieur, sans me laisser influencer par certaines contradictions ni me perdre dans les détails, je tiens à mettre en évidence deux faits primordiaux, d’une importance considérable, à mon humble avis. Tout d’abord, ceci. La jeune Anglaise, comme vous la désignez, a été victime d’une méprise. Oui, monsieur, d’une méprise. Ne vous récriez pas.