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l’ouvrit. Elle contenait des papiers, qu’il se mit à lire aussitôt.

Raoul, qui ne le voyait que de dos et ne pouvait ainsi juger, d’après son expression, ce qu’il pensait de sa lecture, partit en grommelant :

— T’auras beau te presser, camarade, je te rattraperai toujours avant le but. Ces papiers m’ont été légués et nul autre que moi n’a droit sur eux.

Il accomplit la mission dont il était chargé et, lorsqu’il revint avec la femme et la mère du chef de gare, qui se proposaient pour la veillée funèbre, il apprit de Marescal qu’on avait cerné dans le bois deux hommes qui se cachaient au milieu des fourrés.

— Pas d’autre indication ? demanda Raoul.

— Rien, déclara Marescal. Soi-disant un des hommes boitait et l’on a recueilli derrière lui un talon coincé entre deux racines. Mais c’est un talon de soulier de femme.

— Donc, aucun rapport.

— Aucun.

On étendit l’Anglaise. Raoul regarda une dernière fois sa jolie et malheureuse compagne de voyage, et il murmura en lui-même :

— Je vous vengerai, miss Bakefield. Si je n’ai pas su veiller sur vous et vous sauver, je vous jure que vos assassins seront punis.

Il pensait à la demoiselle aux yeux verts et il répéta, à l’encontre de la mystérieuse créature, ce même serment de haine et de vengeance. Puis, baissant les paupières de la