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vait, les colonnes et les statues qui s’abaissaient peu à peu.

Aurélie, cependant, gardait le silence. À la fin, étonné de sentir qu’elle n’était plus en communion de pensées avec lui, il lui en demanda la raison. Elle ne répondit point d’abord, puis, au bout d’un instant, murmura :

— Vous ne savez pas encore ce qu’est devenu le marquis de Talençay ?

— Non, dit Raoul, qui ne voulait pas assombrir la jeune fille, mais je suis persuadé qu’il est rentré chez lui, au village, malade peut-être… à moins qu’il ait oublié le rendez-vous.

Mauvaise excuse. Aurélie ne parut pas s’en contenter. Il devina qu’après les émotions ressenties et tant d’angoisses abolies, elle songeait à tout ce qui demeurait dans l’ombre et qu’elle s’inquiétait de ne pas comprendre.

— Allons-nous-en, dit-elle.

Ils montèrent jusqu’à la cabane démolie qui indiquait le campement nocturne des deux bandits. De là, Raoul voulait gagner la haute muraille et l’issue par où les bergers étaient sortis du domaine.

Mais comme ils contournaient la roche voisine, elle fit remarquer à Raoul un paquet assez volumineux, un sac de toile posé sur le rebord de la falaise.

— On croirait qu’il remue, dit-elle.

Raoul jeta un coup d’œil, pria Aurélie de l’attendre et courut. Une idée subite l’assaillait.