Page:Leblanc - La demoiselle aux yeux verts, paru dans Le Journal, du 8 déc 1926 au 18 jan 1927.djvu/273

Cette page a été validée par deux contributeurs.


— L’auto de Limésy ?

— Dans l’après-midi, nous filons avec, de sorte que personne ne saura même qu’ils sont venus de ce côté. On croira que la petite s’est fait enlever de la maison de santé par son amoureux et qu’ils voyagent on ne sait où. Voilà mon plan. Qu’en dis-tu ?

— Excellent, vieille canaille, dit une voix près d’eux. Seulement, il y a un accroc.

Ils se retournèrent, dans un sursaut d’effroi. Un homme était là, accroupi à la manière arabe, un homme qui répéta :

— Un gros accroc. Car, enfin, tout ce joli plan repose sur des actes accomplis. Or, que devient-il si le monsieur et la dame de la grotte ont pris la poudre d’escampette ?

Leurs mains cherchaient à tâtons les fusils, les brownings. Plus rien.

— Des armes ?… pour quoi faire ? dit la voix gouailleuse. Est-ce que j’en ai, moi ? Un pantalon mouillé, une chemise mouillée, un point c’est tout. Des armes… entre braves gens comme nous !

Jodot et Guillaume ne bougeaient plus, interloqués. Pour Jodot, c’était l’homme de Nice qui réapparaissait. Pour Guillaume, l’homme de Toulouse. Et surtout, c’était l’ennemi redoutable dont ils se croyaient débarrassés, et dont le cadavre…

— Ma foi, oui, dit-il, en riant, et en affectant l’insouciance, ma foi, oui, vivant. La cote numéro 5 ne correspond pas au plafond de la grotte. Et d’ailleurs si vous vous imaginez que c’est avec de petits trucs de ce genre qu’on a raison de