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que protégeait l’avancée d’un toit d’ardoises.

Sous ce toit, une petite table était dressée, avec une nappe, des assiettes, du laitage et des fruits.

Sur une des assiettes, une carte de visite portait ces mots :

« Le marquis de Talençay, ami de votre grand-père d’Asteux, vous salue, Aurélie. Il sera là tantôt et s’excuse de ne pouvoir vous présenter ses hommages que dans la journée.

— Il attendait donc ma venue ? dit Aurélie.

— Oui, fit Raoul. Nous avons parlé longtemps, lui et moi, il y a quatre jours, et je devais vous amener aujourd’hui à midi.

Elle regardait autour d’elle. Un chevalet de peintre s’appuyait à la paroi, sous une large planche encombrée de cartons à dessin, de moulages et de boîtes de couleurs, et qui portait aussi de vieux vêtements. Par le travers de l’angle, un hamac. Au fond, deux grosses pierres formaient un foyer où l’on devait allumer du feu, car les parois étaient noires et un conduit s’ouvrait dans une fissure du roc, comme un tuyau de cheminée.

— Est-ce qu’il habite là ? demanda Aurélie.

— Souvent, surtout en cette saison. Le reste du temps, au village de Juvains où je l’ai découvert. Mais, même alors, il vient ici chaque jour. Comme votre grand-père défunt, c’est un vieil original, très cultivé, très artiste, bien qu’il fasse de bien mauvaise peinture. Il vit seul, un peu à la façon d’un ermite,