Page:Leblanc - La demoiselle aux yeux verts, paru dans Le Journal, du 8 déc 1926 au 18 jan 1927.djvu/229

Cette page a été validée par deux contributeurs.


— J’aurais dû m’en douter, bougonna Raoul. Son effondrement, le départ d’Aurélie… Pauvre diable ! il paye sa dette.

Il dit à Marescal :

— Débrouille-toi avec le domestique et téléphone pour qu’on t’envoie un médecin. Hémorragie, n’est-ce pas ? Surtout qu’il ne soit pas question de suicide. À aucun prix. Aurélie n’en saura rien pour l’instant. Tu diras qu’elle est en province, souffrante, chez une amie.

Marescal lui saisit le poignet.

— Réponds, qui es-tu ? Lupin, n’est-ce pas ?

— À la bonne heure, fit Raoul. La curiosité professionnelle reprend le dessus.

Il se mit bien en face du commissaire, s’offrit de profil et de trois quarts, et ricana :

— Tu l’as dit, bouffi.

Il redescendit en hâte et rejoignit Aurélie, que la vieille dame installait dans le fond d’une limousine confortable. Mais, ayant jeté par habitude de précaution un coup d’œil circulaire dans la rue, il dit à la vieille :

— Tu n’as vu personne rôder autour de la voiture ?

— Personne, déclara-t-elle.

— Tu es sûre ? Un homme un peu gros accompagné d’un autre dont le bras est en écharpe ?

— Oui ! ma foi, oui ! ils allaient et venaient sur le trottoir, mais bien plus bas.

Il repartit vivement et rattrapa, dans un petit passage qui contourne l’église Saint-Philippe du Roule,