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preuve formelle contre la garde qui renseignait Marescal, et contre la femme de chambre que Raoul avait soudoyée, les renvoya toutes deux. Les volets des fenêtres qui donnaient par devant furent fermés. D’autre part, des agents de Marescal commençaient à se montrer dans la rue. Seul Jodot n’apparaissait plus. Désarmé sans doute par la perte du document où Brégeac avait consigné ses aveux, il devait se terrer dans quelque retraite sûre.

Cette période se prolongea durant quinze jours. Raoul s’était fait présenter, sous un nom d’emprunt, à la femme du ministre qui protégeait ouvertement Marescal, et il avait réussi à pénétrer dans l’intimité de cette dame un peu mûre, fort jalouse, et pour qui son mari n’avait aucun secret. Les attentions de Raoul la transportèrent de joie. Sans se rendre compte du rôle qu’elle jouait, et ignorant d’ailleurs la passion de Marescal pour Aurélie, heure par heure, elle tint Raoul au courant des intentions du commissaire, de ce qu’il combinait à l’égard d’Aurélie, et de la façon dont il cherchait, avec l’aide du ministre, à renverser Brégeac et ceux qui le soutenaient.

Raoul eut peur. L’attaque était si bien organisée qu’il se demanda s’il ne devait pas prendre les devants, enlever Aurélie et démolir ainsi le plan de l’ennemi.

— Et après ? se dit-il. En quoi la fuite m’avancerait-elle ? Le conflit resterait le même et tout serait à recommencer.

Il sut résister à la tentation.

Une fin d’après-midi, rentrant chez lui, il trouva un pneumatique. La