Page:Leblanc - La demoiselle aux yeux verts, paru dans Le Journal, du 8 déc 1926 au 18 jan 1927.djvu/133

Cette page a été validée par deux contributeurs.


grottes. Aurélie jetée là, emprisonnée et maintenue sous la menace épouvantable des gendarmes. Aurélie captive, deux jours, trois jours, huit jours s’il le fallait, n’était-ce pas le dénouement inespéré, triomphal, le commencement et la fin de l’aventure ?

Il donna un léger coup de sifflet. En face de lui, sur l’autre rive de l’étang, deux bras s’agitèrent au-dessus de deux buissons situés à la lisière de la forêt. Signaux convenus deux hommes étaient là, postés par lui pour servir à ses machinations. De ce côté de l’étang, la barque se balançait.

Marescal n’hésita plus, il savait que l’occasion est fugitive et que, si on ne la saisit pas au passage, elle se dissipe comme une ombre. Il traversa de nouveau la terrasse et constata que la jeune fille semblait prête à s’éveiller.

— Agissons, dit-il. Sinon…

Il lui jeta sur la tête un foulard, dont deux des extrémités furent nouées sur la bouche et à la manière d’un bâillon. Puis il la prit dans ses bras et l’emporta.

Elle était mince et ne pesait guère. Lui, était solide. Le fardeau lui parut léger. Néanmoins, quand il parvint à la brèche et qu’il observa la pente presque verticale du ravin creusé par les orages au milieu du soubassement, il réfléchit et jugea nécessaire de prendre des précautions. Il déposa donc Aurélie au bord de la brèche.

Attendait-elle la faute commise ? Fut-ce de sa part une inspiration subite ? En tout cas, l’imprudence