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colère qui lui contractait le visage, il me répondit :

» — Soit. Séparons-nous. Au fond, cela m’est égal. Mais j’y mets une condition.

» — Une condition ?

» — Oui. Un jour, j’ai entendu votre beau-père Brégeac parler d’un secret qui vous a été légué. Dites-moi ce secret et vous êtes libre.

» Alors je compris tout. Toutes ses protestations, son dévouement, autant de mensonges. Son seul but, c’était d’obtenir de moi, un jour ou l’autre, soit en me gagnant par l’affection, soit en me menaçant, les confidences que j’avais refusées à mon beau-père, et que Jodot avait essayé de m’arracher.

Elle se tut. Raoul l’observa. Elle avait dit l’entière vérité, il en eut l’impression profonde. Gravement, il prononça :

— Voulez-vous connaître exactement le personnage ?

Elle secoua la tête :

— Est-ce bien nécessaire ?

— Cela vaut mieux. Écoutez-moi. À Nice, les titres qu’il cherchait dans la villa Faradoni ne lui appartenaient pas. Il était venu simplement pour les voler. À Monte-Carlo, il exigeait cent mille francs contre la remise de lettres compromettantes. Donc, escroc et voleur, peut-être pire. Voilà l’homme.

Aurélie ne protesta point. Elle avait dû entrevoir la réalité, et l’énoncé brutal des faits ne pouvait plus la surprendre.