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Lamarck, de l’influence du milieu. Les protozoaires sont variables, mais ces variations ancestrales seules, sans cesse remaniées par les croisements, seront la source des variations héréditaires chez les métazoaires, descendants. Chez les métazoaires, le soma peut varier au cours de l’existence sous l’influence des conditions extérieures, mais ces variations, ne se transmettant pas au plasma germinatif, sont individuelles et non héréditaires et ne peuvent influer en rien sur les destinées ultérieures de l’espèce. Nous avons déjà vu que cette source unique de variations, le mélange de deux plasmas germinatifs, ne pouvait conduire qu’à un nombre limité de types, à cause de la nécessité des unions consanguines[1], mais il y a des objections plus fondamentales qui touchent à la notion même d’un plasma germinatif nettement défini et parfaitement distinct du soma.

Toutes les cellules de certaines mousses[2] sont capables de reproduire la plante tout entière et cependant, il y a des organes reproducteurs spéciaux ; un morceau de la feuille d’un bégonia[3] jouit de la même propriété. Weissmann est donc obligé d’admettre la possibilité de l’existence d’une certaine quantité de plasma germinatif en dehors des cellules reproductrices et cela suffit à menacer tout son édifice, ainsi que l’a fait remarquer Cope.

Un mémoire de Vines[4] présente à Weissmann une

  1. Cette remarque a d’abord été faite par Brooks, Science, 1895, février, p. 121.
  2. Remarques de Sachs.
  3. Objection de Strasburger.
  4. Vines, An examination of some points in prof. Weissman’s Theory of Heredity, Nature, XI.