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théorie des plasmas ancestraux, pour qu’il y ait plus de différences individuelles entre les 256 descendants qu’entre les 256 ascendants de notre individu ? La génération sexuelle ne fait que remanier les caractères différenciels préexistants ; elle n’en crée pas. Au contraire, on tend de plus en plus à admettre que le résultat de l’amphimixie est de fixer le type moyen des espèces en faisant disparaître les variations fortuites.

Supposez maintenant qu’une branche de la famille de tout à l’heure soit allée s’installer en Algérie, il y a 6 générations, et y soit restée depuis ; il y aura aujourd’hui 26, c’est-à-dire 64 descendants de notre homme qui seront des Algériens et qui différeront des 192 autres descendants du même ancêtre par des caractères acquis sous l’influence des conditions de milieu ; et cela nous conduit immédiatement à la théorie de Lamarck et des néo-Lamarckiens.

Darwin ne repousse pas ce genre de variations, mais il fait à son sujet quelques restrictions comme le prouvent les passages suivants :

« On peut attribuer quelque influence, peut-être même une influence considérable, à l’action définie des conditions d’existence, mais nous ne savons pas dans quelles proportions cette influence s’exerce. On peut attribuer quelque influence, peut-être même une influence considérable, à l’augmentation d’usage ou du non-usage des parties… Dans quelques cas, le croisement d’espèces primitivement distinctes semble avoir joué un rôle fort important dans la formation de nos races[1]. » Et plus loin : « Quelques auteurs emploient le terme

  1. Darwin, op. cit., p. 43.