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L’animal le moins prolifique se multiplierait rapidement, si rien ne s’y opposait ; tandis qu’évidemment la population animale du globe doit rester stationnaire… Par exemple, l’observation nous fait voir que le nombre des oiseaux ne s’accroit pas annuellement suivant une progression géométrique, ainsi que cela aurait lieu, si quelque obstacle puissant ne s’opposait à leur multiplication. Presque tous les oiseaux produisent au moins deux petits chaque année ; beaucoup en ont six, huit ou dix ; si nous admettons que chaque famille ait des petits quatre fois dans sa vie, nous resterons encore au-dessous de la moyenne, supposant qu’ils ne périssent pas par la violence ou le manque de nourriture. Cependant, à ce taux-là, à quel chiffre énorme s’élèverait la postérité d’un seul couple en quelques années ! Un calcul simple montre qu’en quinze années elle dépasserait le nombre de dix millions ! En réalité, nous n’avons aucun motif pour croire que le nombre des oiseaux d’un pays s’accroisse d’une quantité quelconque dans le cours de quinze ans ni de cent cinquante ans. Après une pareille puissance de multiplication, chaque espèce doit avoir atteint ses limites, peu d’années après son origine, et reste alors stationnaire. Il est donc évident que chaque année, il doit périr un grand nombre d’oiseaux ; en fait, autant qu’il en naît ; or, la progéniture annuelle, évaluée au plus bas chiffre, est égale au double du nombre des parents ; par conséquent, quel que soit le nombre moyen de tous les individus existant dans un pays donné, il en périt chaque année un nombre double ; résultat frappant, mais qui parait pour le moins très probable et qui, peut-être, reste plutôt au-dessous de la vérité. Il semble par conséquent que, pour ce qui concerne la