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petit manège se répète aussi souvent que nous le voudrons et quand nous l’aurons répété n fois nous aurons un être dont le plasma germinatif contiendra 2n plasmas représentatifs ou plasmas ancestraux si vous préférez et qui, par conséquent, pourra présenter dans les diverses parties de son individu, par suite des bipartitions hétérogènes de son développement, les caractères de tous ses ancêtres. Nous, hommes, nous sommes le résultat de cette complication progressive et nous avons eu par conséquent, si j’ai bien compris, des grands-pères leucocytes, des grands-pères neurones, des grands-pères corpuscules olfactifs, voire des grands-pères poils de moustache… et aussi, dans la série intermédiaire, d’autres ancêtres (neurone + leucocyte) ou toute autre combinaison analogue.

Or, quelque petites que soient les particules représentatives, si leur nombre croissait indéfiniment, elles finiraient par ne plus pouvoir tenir dans un noyau cellulaire qui n’est jamais bien gros. Aussi aurions-nous pu croire qu’il arriverait un moment où les phénomènes de fusion de deux éléments cellulaires différents cesseraient, par suite d’une pléthore de caractères. Mais alors, l’évolution serait arrêtée ! Comment le progrès serait-il possible, puisque la sélection, cause de progrès, ne peut agir qu’entre des éléments variés et que, pour Weissmann, la seule cause de variation est dans cette fusion même ? Il faut pourtant qu’il y ait progrès !

Voici comment cela devient possible : au moment où s’est réalisée cette pléthore de caractères, les éléments sexuels, soucieux d’assurer l’avenir de leur espèce, ont pris l’habitude d’éliminer la moitié de leurs particules représentatives, et alors deux éléments