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les états ultérieurs dans lesquels rien ne saurait être considéré comme indépendant de l’hérédité. L’état de l’organisme, l’ensemble des propriétés de l’organisme à un moment considéré, est donc, je le répète, le résultat précis de l’hérédité et de l’éducation. Deux êtres qui ont même hérédité (œufs jumeaux) peuvent différer par l’éducation ; cassez le bras à l’un des jumeaux, il sera manchot et différera par cela même de son frère. Deux êtres qui ont même éducation peuvent différer par l’hérédité ; un œuf de poulet et un œuf de canard élevés dans une même couveuse artificielle donneront l’un un poussin, l’autre un caneton. Tout ceci fait prévoir qu’il sera à peu près impossible que deux êtres soient identiques et, d’autre part, les ressemblances qui existeront entre deux êtres pourront être de deux natures opposées : 1° ressemblances héréditaires, dues à des analogies considérables dans l’hérédité, et se manifestant en dépit des différences d’éducation ; exemple, deux hommes de race blonde, élevés l’un en France, l’autre en Angleterre, se ressembleront par leur caractère héréditaire blond et différeront par le langage qu’ils parleront ; 2° ressemblances de convergence dues à des analogies considérables dans l’éducation et se manifestant en dépit de différences d’hérédité ; exemple, un blond et un brun tous deux élevés en Angleterre, se ressembleront par leur langage, mais différeront, par la couleur de leurs cheveux. Suivant le point de vue auquel on se place on est amené à attacher plus d’importance aux ressemblances d’hérédité ou aux ressemblances de convergence. Le problème le plus passionnant de l’hérédité est d’étudier la limite des divergences possibles entre deux êtres ayant la même