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essayé de substituer à ces agents mystérieux le principe purement chimique de l’assimilation fonctionnelle qui résulte très naturellement de l’application raisonnée de la sélection naturelle aux éléments histologiques soumis à des alternatives de conditions n° 1 et de conditions n° 2. Ce n’est pas le lieu[1], dans un chapitre consacré à la théorie de l’hérédité, de discuter ces questions qui sont du ressort de l’évolution individuelle.

Wilhem Roux, sans donner une théorie chimique complète de l’hérédité, a montré dans quelle voie il fallait chercher. Dans son ardeur à lutter contre le système des particules représentatives, il a restreint le domaine de l’hérédité et a dépassé la limite. M. Delage qui l’a suivi dans la même voie a été encore plus loin et a fini, à peu de chose près, par nier l’hérédité pour l’expliquer. J’emprunte à ce dernier auteur quelques citations, tant de ses propres manières de voir que de son exposé de celles de Roux ; je veux essayer de montrer que la signification du mot hérédité se trouve faussée en plusieurs endroits et nécessite une nouvelle définition plus rigoureuse.

« L’action morphogène des excitations fonctionnelles, dit Delage en exposant la théorie de Roux, soulage l’hérédité d’une multitude de faits que l’on n’expliquait que par elle. Ainsi, la structure du tissu spongieux des os, celle des aponévroses et des ligaments, résultant directement des actions mécaniques, n’ont pas besoin d’être héréditaires pour se retrouver semblables chez l’enfant comme chez les parents. » Et plus loin : « Il n’y a rien à objecter à toute cette partie

  1. Voir la première partie de ce volume.