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d’expansion ou de retrait des diverses sortes de chromoblaste existant à la périphérie de l’animal.

Que ces changements de coloration dépendent des impressions colorées reçues par l’animal lui-même, cela est mis en évidence par leur suppression chez les individus auxquels on a expérimentalement enlevé les yeux. Que ces changements soient sous la dépendance du système nerveux, cela ressort par exemple de l’expérience de Pouchet que la section du trijumeau les supprime dans la région de la face qu’il innerve.

Cope[1] a obtenu des résultats analogues chez certaines espèces de rainettes (Hyla gratiosa) qui sont vertes quand elles sont sur des feuilles et deviennent brunes quand on les transporte sur de l’écorce ; des Hyla expérimentalement aveuglées restaient vertes sur des surfaces brunes ; chez d’autres rainettes pourvues d’yeux, un membre fortement serré par une ligature restait vert alors que tout le reste du corps devenait homochrome à une surface brune sur laquelle l’animal était posé.

De toutes les expériences précédentes il résulte que l’homochromie est individuelle, fonctionnelle chez les animaux étudiés ; est-elle consciente et volontaire ? il serait difficile de l’affirmer, mais, si elle est instinctive aujourd’hui, il est probable que cet instinct, comme tous ceux dont l’origine est connue, provient d’un acte anciennement volontaire et devenu aujourd’hui inconsciemment réflexe par un exercice habituel au cours de nombreuses générations.

Nous trouvons un exemple de ces réflexes incons-

  1. Cope, The primary factors of organic Evolution, Chicago, 1896, p. 499.