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montré à la Société entomologique de Londres un certain nombre de chrysalides du papillon blanc des jardins, chrysalides qui avaient les couleurs des surfaces sur lesquelles on les avait trouvées attachées. Ce naturaliste avait supposé que la peau de la chrysalide est photographiquement sensible pendant quelques heures après sa formation. Cette hypothèse a été reconnue fausse ; il faut que la chenille elle-même ait été exposée à la lumière d’une couleur donnée pour qu’elle sécrète une enveloppe de pupe de la même couleur ; la peau de la pupe elle-même est insensible. Poulton a essayé de voir quelle partie de la peau de la chenille était apte à recevoir et emmagasiner les impressions lumineuses, mais ses expériences, assez peu démonstratives, sur ce point, l’ont seulement amené à conclure que l’ensemble de la peau reçoit les impressions lumineuses, mais que ces impressions n’agissent pas localement et se transmettent à tout l’être par l’intermédiaire du système nerveux.

Depuis cette époque le même auteur a obtenu des résultats remarquables en confinant des larves de papillons aux branches de certaines plantes de couleurs différentes. Les larves de géométrides confinées sur des parties noires devenaient très sombres, celles des parties blanches devenant au contraire très pâles. Sur des branches couvertes de lichens elles prenaient une teinte tachetée admirablement propre à déguiser leur présence.

Pour être exceptionnels dans la série animale, les résultats des expériences de Poulton n’en sont pas moins intéressants. Ils se ramènent à ceci que la réponse de l’organisme considéré à une excitation lumineuse de couleur donnée est une sécrétion de