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signes d’une étroite parenté. C’est ainsi, qu’en raison de leur commune infériorité, Cuvier avait placé les Helminthes parmi les Zoophytes et que l’on a longtemps compris sous le nom d’Helminthes des animaux absolument dissemblables : les Lernéens qui sont des crustacés, les Linguatulides qui sont des arachnides, les Acanthocéphales, les Gordiacés, les Nématodes, peut-être alliés eux aussi aux Arthropodes, mais bien différents les uns des autres, et de plus, les Trématodes et les Cestoïdes, qui sont franchement des vers. Ce n’est pas seulement le parasitisme qui produit de telles ressemblances. La formation d’une coquille, la fixation au sol ont donné lieu à des rapprochements pareils. C’est ainsi que les Cirripèdes ont été pris pour des mollusques, que les Tuniciers et les Brachiopodes ont été rapprochés des Lamellibranches, erreurs analogues à celles que commet le vulgaire quand il appelle, pour les mêmes raisons, les Cétacés des Poissons et les Chauves-Souris des Oiseaux. Ces ressemblances de détail sont souvent appelées ressemblances d’adaptation. Mais cette expression signifie seulement que les ressemblances constatées résultent de l’adaptation, à une même fonction, d’organes secondaires, les membres, par exemple, tandis que les organes principaux, tels que ceux de la circulation et de la respiration, demeurent profondément différents[1]. »

Pour rester dans le domaine des faits absolument connus, qui ne s’est étonné de l’analogie des pattes d’insectes avec les membres locomoteurs des mammifères ? les anciens zoologistes en ont été tellement frappés qu’ils ont donné aux différentes parties de

  1. Ed. Perrier, Traité de zoologie, p. 337.