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dérable aux phénomènes mystérieux de création.

Chacun sait combien est peu admissible, dans l’état actuel des connaissances humaines, l’apparition spontanée, sous l’influence des simples forces naturelles, d’un être vivant aussi compliqué que les plus simples connus. L’adage : Omne vivum ex vivo, ne semble pas souffrir d’exceptions. Mais, si nous connaissions des facteurs naturels capables d’expliquer la complication progressive des organismes, nous pourrions concevoir que la création a été limitée à des êtres vivants infiniment simples d’où sont ensuite provenus tous les autres par évolution lente ; ces ancêtres initiaux pourraient même être tellement plus simples que les plus simples aujourd’hui connus, que leur apparition spontanée fût concevable, comme beaucoup le croient…

On voit donc tout l’intérêt que présente l’étude de l’évolution progressive, ou plutôt de la complication croissante des mécanismes animaux, car il faut se méfier du mot progrès. À quel point de vue peut-on dire en effet que le poulet est supérieur au corail ? Tous deux sont mortels et les squelettes qui restent d’eux présentent des qualités différentes ; ils sont adaptés l’un et l’autre à leur genre de vie, etc.

Eh bien, cette complication croissante des êtres, permettant de comprendre que, de monères initiales extrêmement simples, soient provenus aujourd’hui des corps doués de propriétés merveilleuses comme l’œuf de poulet, le génie de deux hommes en a fait connaître les facteurs naturels et en a ramené l’étude à celle de faits élémentaires d’une grande simplicité ; j’ai nommé Lamarck et Darwin.

Le second, venu plus tard, n’a pas rendu justice à son illustre devancier : « Les œuvres de Lamarck, dit-