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aucun rapport avec l’Écriture, dit Spinoza ; et, pour ce qui me concerne, je n’ai appris, ni pu apprendre, par l’Écriture sacrée aucun des attributs éternels de Dieu »[1]" ; et Mendelssohn ajoute : « Le judaïsme ne nous a révélé aucune des vérités éternelles [2]. »

Les Israélites considéraient Iahvé comme un monarque céleste, un monarque qui aurait donné une charte à son peuple et aurait pris des engagements envers lui, en exigeant, en retour, l’obéissance à ses lois et à ses prescriptions. Pour les anciens Hébreux, et plus tard pour les Talmudistes, les Béné-Israël seuls pouvaient jouir des prérogatives conférées par Iahvé ; pour les prophètes, il était licite à toutes les nations de prétendre aux privilèges, puisque Iahvé était le dieu universel et non l’égal de Dagon ou de Baal Zeboub.

Mais Iahvé était « le chef suprême du peuple hébreu »[3] ; il était le maître tout-puissant et redoutable, le roi unique, jaloux de son autorité, punissant férocement ceux qui se montraient rebelles à sa toute-puissance. C’était à lui que devait toujours avoir recours tout bon Juif, dans la bonne comme dans la mauvaise fortune. C’était un crime que de s’adresser aux hommes et non au dieu Iahvé, et Iehouda Makkabi s’étant allié avec Rome et avec Mithridatès Ier, s’attira cet anathème de Rabbi Iosé-ben-Iohana : « Maudit soit celui qui met son appui dans des créa-

  1. Spinoza : Lettres, XXXIV.
  2. Mendelssohn : Jérusalem.
  3. Munk : Palestine.