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raniens et kouschites, c’est-à-dire jaunes et noirs[1], les Juifs s’adjoignirent encore d’autres éléments étrangers pendant leur séjour en Égypte et dans ce pays de Chanaan qu’ils conquirent. Plus tard, Gog et Magog, les Scythes, en venant sous Josias aux portes de Jérusalem, laissèrent peut-être leur trace en Israël. Mais c’est à partir de la première captivité que les mélanges augmentent. « Pendant la captivité de Babylone, dit Maïmonide[2], les Israélites se mêlant à toutes sortes de races étrangères, eurent des enfants qui, grâce à ces alliances, formèrent une sorte de nouvelle confusion des langues », et cependant cette Babylonie, dans laquelle il existait des villes comme Mahuza, presque entièrement peuplée de Perses convertis au judaïsme, était considérée comme contenant des Juifs de plus pure race que les Juifs de Palestine. « Pour la pureté de la race, disait un vieux proverbe, la différence entre les Juifs des provinces romaines et ceux de la Judée est aussi sensible que la différence entre une pâte de médiocre qualité et une pâte de fleur de farine ; mais la Judée elle-même est comme une pâte médiocre, par rapport à la Babylonie. »

  1. A la base de toute civilisation on trouve les trois éléments : le blanc, le jaune et le noir. Nous le voyons en Égypte, où ils s’adjoignirent un élément rouge, en Mésopotamie, dans l’Inde, partout où de grands empires se créèrent, et l’on pourrait presque affirmer que, pour fonder des civilisations durables, il faut la coopération de ces trois types humains.
  2. Maïmonide : Yad Hazaka (La Main puissante), Ire partie, chap. Ier, art. IV, 20.