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générale, ce furent d’abord les paysans des Pays-Bas, ensuite, et surtout, ceux de l’Allemagne. Dans tout l’empire ils avaient fondé des sociétés secrètes, le Bundschuh[1], le Pauvre Conrad, la Confédération évangélique. En 1503 les paysans de Spire et des bords du Rhin s’insurgèrent ; en 1512 les bandes de Joss Fritz ; en 1514 les paysans du Wurtemberg ; en 1515 les paysans d’Autriche et de Hongrie ; en 1524 ceux de Souabe ; en 1525 ceux de Souabe, d’Alsace, du Palatinat. Tous marchèrent au cri de « En Christ il n’y a plus ni maître ni esclave ». Les artisans se joignirent à eux, des chevaliers comme Gœtz de Berlichingen se mirent à leurs têtes et ils massacrèrent les nobles et incendièrent les châteaux et les couvents.

Munzer, lui, alla plus loin encore, il combattit non seulement contre les barons, les évêques et les riches, ces « rois de Moab », mais il combattit le principe même d’autorité. « Plus d’autorité, criait-il, sinon celle qu’on accepte et choisit librement. » Dans le code de douze articles qu’il rédigea, il voulait l’affranchissement des serfs et lorsqu’il monta sur l’échafaud, après avoir perdu la bataille de Frankenhausen, il attesta qu’il avait voulu « établir l’égalité dans la chrétienté ; que toutes choses fussent communes à tous et à chacun selon ses besoins ». Les douze articles furent traduits en français, et répandus en Lorraine où les paysans se soulevèrent aussi, au moment où

  1. « Le soulier fédératif. »