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BELLEROSE.

Oh !


LES SOLDATS.

Oh ! oh ! oh !


NANETTE, même ton, et faisant un signe aux jeunes gens.

Tous deux tombent de faiblesse.


LUCILE, se laissant aller dans les bras de Brindamour.

Ah !


GASTON, dans les bras de Jolicœur.

Ah !


NANETTE.

Voyez ! (s’appuyant sur Bellerose.) Et moi aussi… ah ! je me trouve mal !


BELLEROSE, la regardant.

Elle se trouve mal !… Mais je me trouve bien, moi.


BRINDAMOUR, ému.

Ces pauvres petits !


JOLICŒUR.

Sont-ils gentils !


LA VALEUR.

Je m’attendris.


LA RAMÉE.

Ah ! j’en gémis.


TOUS LES SOLDATS, tirant leurs mouchoirs.

Et moi aussi ! (Ils se mouchent bruyamment.)


BELLEROSE.

Silence dans les rangs !


NANETTE, pleurant aussi.

Ces pauvres enfants ! Vous n’aurez pas la barbarie de leur refuser quelques instants pour se réconforter ?


BELLEROSE, ému.

Hum !… À vrai dire, on n’est point un rhinoféroce. (Il se mouche ; tous les soldats recommencent.) Silence !… En somme, quelques moments de plus ou de moins…


LES SOLDATS.

Ostensiblement, sergent.


BELLEROSE.

Allons, je réobtempère.


NANETTE.

Vous permettez ?… Alors, vite, monsieur, vite, mademoiselle ! (Elle court au guéridon.) Monsieur Bellerose, je vous revaudrai ça.


BELLEROSE, à part.

J’y compte lien. (Haut, à ses soldats.) Reposez vos armes ! (Aux deux soldats qui ont amené les jeunes gens et qui sont restés à la porte.) Retournez au poste, on n’a plus besoin de vous. (Aux autres.) Et