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coin du feu. (Elle la fait asseoir dans le fauteuil de droite, devant la cheminée.)


GASTON.

On monte l’escalier. (Il vient s’asseoir sur l’autre fauteuil.).


NANETTE.

Oui… vite… à vos places !… (Poussant un cri.) Ah ! (Ils se lèvent tous deux effrayés.) Non… rien… c’est pour une recommandation… N’oubliez pas que vous êtes un peu sourds. (Elle va jeter une serviette sur le guéridon et le place à l’écart, à gauche.)


GASTON.

Très-bien ! (on frappe à la porte de l’appartement ; les deux jeunes gens se rassoient vivement, s’enfoncent dans les grands fauteuils et mettent de grandes lunettes qu’ils trouvent sur la cheminée.)


NANETTE.

Entrez !


Scène V.

Les Mêmes, BELLEROSE.



BELLEROSE, ouvrant brusquement la porte.

Bonsoir, la compagnie !


NANETTE, allant vivement à lui et le retenant sur le seuil[1].

Hein ? Depuis quand entre-t-on de cette façon chez les gens ?


BELLEROSE.

La, la, tout doux, la jolie fille ; on va s’expliquer ! (À part.) Mordieu, le frais minois !…


NANETTE, le repoussant du côté opposé aux jeunes gens.

Mais enfin, qui êtes-vous ? que voulez-vous ?


BELLEROSE.
––––––Vous voyez en moi, Bellerose,
––––––––––Sergent du guet,
––––––––––S’il vous plaît !
––––––C’est sur ma tête que repose
––––––––––Tout le Châtelet.
––––––J’ai bon pied, bon œil, fine oreille,
––––––Leste et vif comme un émouchet,
––––––Sur Paris, nuit et jour je veille
––––––––––En sergent du guet.
––––––––––Il est deux amants,
––––––Jeune garçon, jeune fille,
––––––––––Que je viens céans
––––––Réclamer pour la Bastille !

GASTON, LUCILE, NANETTE, à part.

Grand Dieu !

  1. Bellerose, Nanette, Gaston, Lucile.