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Page:Laprade - Les Symphonies - Idylles héroïques, Lévy, 1862.djvu/68

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Vous qui rêve ? encor d’innocence et d’amour,
Enfant rieuse et blonde,
Le vent qui m’a porté doit vous porter un jour
Dans ce désert du monde.

Et, quand disparaîtra le mirage trompeur,
A moitié dans la route,
Vous aussi vous aurez ma voix qui vous fait peur,
Et mes yeux qu’on redoute.

Car vous ne voudrez pas exposer votre deuil
A là foule qui passe ;
A défaut du bonheur, gardons au moins l’orgueil
Pour dernière cuirasse !

Repoussons des humains l’insolente pitié :
Mieux vaut leur lâche envie.
Jetons comme-un mépris, à leur fausse amitié,
L’éclat de notre vie.

Je veux faire pâlir le printemps et l’été
Devant ma belle automne ;
Du charme rayonnant de ma sérénité
Je veux que l’on s’étonne.

Je veux plus haut qu’eux tous rire et chanter encor !
Je veux, je veux répandre
Mes plus sombres pensers avec une voix d’or,
Avec un regard tendre.