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Page:Laprade - Les Symphonies - Idylles héroïques, Lévy, 1862.djvu/61

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A dénouer nos cheveux d’or,
A plonger sous l’onde bleuâtre
Qui s’enlace à nos flancs d’albâtre :
Des beautés s’y voilent encor.

C’est nous, au pays de ces rêves,
Qui portons le cœur ingénu ;
Au poëte errant sur nos grèves
Nous faisons respirer, sans trêves,
L’air enivrant de l’inconnu.

Quiconque à nos flots s’abandonne
Verra des palais enchantés
Où tout désir a sa couronne,
Où, par nous, jour et nuit résonne
Le plein accord des voluptés,

Si d’un regret ton cœur, soupire,
Nous guérissons du souvenir.
Là, dans l’air, l’oubli se respire,
Et quiconque a vu notre empire
A refusé d’en revenir.

Suis l’instinct charmant qui t’entraîne
A jouir de nos dons secrets :
Le vent dort, la mer est sereine ;
Venez écouter de plus près
La douce voix de la Sirène.