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Page:Laprade - Les Symphonies - Idylles héroïques, Lévy, 1862.djvu/354

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Pour vous la payer, je viens les mains pleines.
S’il vous faut du sang, prenez dans mes veines ;
Prenez dans mes yeux s’il vous faut des pleurs.

Quand vous répandez vos grâces divines,
Remplissez son cœur aux dépens du mien ;
Que toute ma sève aille à ses racines ;
Les roses pour lui, pour moi les épines ;
J’accepte tout mal, s’il en a le bien.

Cultivez en moi, pour qu’il les moissonne,
Les belles vertus, les beaux épis d’or.
Labourez mon cœur, je vous l’abandonne ;
Pourvu que, là-haut, la même couronne
A vos pieds, mon Dieu, nous unisse encor.


Cette voix a changé l’agonie en extase,
Et Konrad a cru voir, dans l’azur qui s’embrase,
Rosa, la fleur mystique, aux paroles de miel.
Sur un sentier d’or pur elle descend du ciel ;
Elle vient, conduisant les patronnes qu’elle aime ;
Car cette mort sanglante est un dernier baptême,
Où les saints, accourus vers le soldat martyr,
Lavent d’un flot vermeil l’âme prête à partir.