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Page:Laprade - Les Symphonies - Idylles héroïques, Lévy, 1862.djvu/339

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Il est parti le doux message ;
Je pleurais bien en l’écrivant ;
Dieu le guide, il s’est fait passage !
Il parviendra le doux message ;
Pleure encore en le recevant.

Pleure au fond de l’absence, ah ! pleure ; un jour, peut-être,
Un jour, où les oiseaux chantent sur ta fenêtre,
Où quelque heureux message, écrit en plein soleil,
A frémi sous ta lèvre et sous ton doigt vermeil,
Où tu vas respirer, t’enivrant d’être aimée,
Un espoir de retour sur la page embaumée,
Le même jour, peut-être, en son lointain pays,
L’autre est tombé martyr des devoirs obéis ;
Seul, perdu, sans secours, là-bas il agonise,
Luttant contre une mort dont l’horreur s’éternise ;
T’implorant, te cherchant d’une sanglante main,
Toi qui souris, pauvre ange, et qui l’attends demain !

Il passe au galop sur la neige,
Dans la steppe il va nuit et jour ;
Il est parti… Dieu le protège !
Il passe au galop sur la neige,
L’ardent message de l’amour.