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Page:Laprade - Les Symphonies - Idylles héroïques, Lévy, 1862.djvu/323

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Aimons, pour sa gloire et la nôtre,
Aimons comme ont aimé les saints.



KONRAD


Oui, c’est Dieu que j’entends à travers ta parole !
C’est Dieu qui par tes mains me touche et me guérit,
Qui, des feux de ce jour, t’allume une auréole,
Qui para cet Éden où notre amour fleurit ;

Lui qui préfère aux lis, dont le baume l’encense,
Qui respire ton âme en ce fervent essor ;
Lui qui, pour m’enivrer, fit, de sa propre essence,
La nature si belle et toi plus belle encor.

Avant l’heure où ton cœur, débordant sur les cimes,
Eût transformé ces bois, où j’ai tant soupiré,
Avant de t’y conduire, ô toi qui les animes,
Je n’avais rien senti, rien vu, rien admiré !

Un arôme inconnu sort, aujourd’hui, des roses ;
Les oiseaux sont plus vifs et plus mélodieux ;
Des rayons tout nouveaux ont brillé sur les choses,
Depuis que j’y regarde aux flammes de tes yeux.

Je voyais tout, jadis, comme à travers un rêve
Où l’on flotte indécis sur un vague sentier ;