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Page:Laprade - Les Symphonies - Idylles héroïques, Lévy, 1862.djvu/307

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Ta sereine beauté, chassant l’ombre et la crainte,
Luit en des traits si purs qu’ils n’ont rien de mortel ;
Sous ses longs cheveux noirs, ton front est d’une sainte.
Dis s’il faut qu’on t’adore, et monte sur l’autel !



ROSA


L’humble culte qu’il faut me rendre,
C’est un peu de douce pitié.
Offre à Dieu ta ferveur si tendre ;
Garde pour moi ton amitié.

Mes jours, comme tes jours sans trêve,
Sont pleins d’ennemis dangereux,
Et mon front n’a touché qu’en rêve
Au nimbe d’or des bienheureux.

Mes pieds ont peine à me conduire
Sur un sentier matériel ;
Mais je suis pareille au navire,
Ma force est dans le vent du ciel.

C’est le nom du Dieu que je prie
Qui donne à ma voix sa douceur,
Et, dans ton âme endolorie,
M’annonce à toi comme une sœur.

Si mon front a quelque noblesse,