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Page:Laprade - Les Symphonies - Idylles héroïques, Lévy, 1862.djvu/301

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Étoile aimable et sûre invitant tous les yeux,
Astre où Ton s’oriente.

Chacun t’apportera sa lèpre et ses douleurs,
Sans que tu t’en effraies ;
Car ton doigt délicat, fait pour cueillir des fleurs,
Aime à panser des plaies.

Le pauvre, à tes genoux, recevra, sans fierté,
L’aumône qu’il repousse ;
Tu sauras embellir même la charité
D’une beauté plus douce.

Une grâce est cachée aux plis de ton manteau,
Transformant toutes choses ;
De ton voile, entr’ouvert sur ton pieux fardeau.
Tu fais pleuvoir des roses.


Ainsi, les bienheureux, égrenant leurs fleurons,
Sèment sur nos berceaux les perles de leurs fronts,
Et font, dès sa naissance, à l’âme de tout homme
Un germe de vertus des noms dont il se nomme.

A peine elle a reçu ce grain des fleurs du ciel,
Dont la terre à sa lèvre empruntera le miel,
La sœur de Béatrix, la rose bien nommée,
Se lève dans l’azur comme une aube enflammée.