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Page:Laprade - Les Symphonies - Idylles héroïques, Lévy, 1862.djvu/298

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Les magiques appels des fleurs et de la brise,
Ces doux pièges des bois par qui l’âme est surprise,
Toute la terre, enfin, disparaît. Le rêveur,
Saisi par Béatrix dans ce baiser sauveur,
Plus haut que la nature, en son essor paisible,
Monte et ses yeux guéris s’ouvrent sur l’invisible.

Il voit le paradis, le bonheur des élus
Embelli, ce jour-là, par un amour de plus.
Une âme y vient de naître, une vierge innocente,
Gardant du sein de Dieu l’empreinte éblouissante,
Rayonnante à la fois de force et de douceur,
Pareille à Béatrix comme une jeune sœur.
Un rosier sans épine est son lit ; deux beaux anges
De leurs robes d’azur ont fait ses premiers langes.
Le chant des séraphins, mélodieux ruisseau,
Coule comme un lait pur autour de son berceau.
Quatre saintes, debout, marraines et patronnes,
Filant l’or de ses jours en tressent des couronnes,
Et, lui versant les flots dont on baptise aux cieux,
Répandent leurs vertus sur ce front gracieux.



SAINTE MARIE.


Reçois mon nom, mon nom sans tache,
Tu me le rendras aussi pur,
Sans qu’une ombre en ta vie attache
Un seul nuage à cet azur.