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Page:Laprade - Les Symphonies - Idylles héroïques, Lévy, 1862.djvu/199

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VI

Les Taureaux


À mon ami Casimir Fournier.


 
Sur les âpres sentiers du coteau basaltique,
J’entends crier le char de la Cérès antique.
Les blés étant semés, avant la fin du jour
Il ramène au hameau les outils du labour.
Sur le timon de frêne, un jeune boulier celte,
L’aiguillon à la main, se dresse fier et svelte,
Dirigeant de sa voix, qu’il adoucit encor,
Ses taureaux accouplés comme au temps de Nestor.
Dans les plis de leur cou le poil frémit et fume ;
Les voilà dans la cour, le poitrail blanc d’écume.

Le maître, alors, parait lui-même, et de sa main
Lear enlève le joug qu’ils reprendront demain ;