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Page:Laprade - Les Symphonies - Idylles héroïques, Lévy, 1862.djvu/184

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Et des cœurs divisés, de l’humble et du superbe,
Je confonds les destins.

C’est moi qui fais tomber les plus fortes barrières,
Qui brise tous les fers ;
J’ouvre un monde plus vaste aux vertus prisonnières
Dans l’étroit univers.

Chaque âme dans mon sein touche à toutes les âmes ;
Des bouts du firmament
J’assemble et je confonds les plus diverses flammes
Dans mon embrasement.

L’amour est, sous ma loi, pur de la jalousie
Qui l’empoisonne ailleurs ;
Il peut, sans rien ôter à l’idole choisie,
Se donner à plusieurs.

L’illusion si douce, ici-bas, t’est ravie ;
Tu vois partout le mal.
La mort conservera, mieux que n’a fait la vie,
Ton rêve d’idéal.

Viens, ô cœur fatigué, qui me craignis naguère,
Vois si je te trompais !
Repose-toi ! La vie est l’éternelle guerre,
Et moi je suis la paix.