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Page:Laprade - Les Symphonies - Idylles héroïques, Lévy, 1862.djvu/161

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II ― L’ÉTÉ DE NOVEMBRE

 
Novembre a son été ! sous ses derniers soleils
Il est quelques beaux soirs, froids et pourtant vermeils.
Mais toi, si tu n’y peux, dans tes brouillards moroses,
Tirer de ton jardin quelques suprêmes roses,
Près du feu vif et pur de l’antique manoir,
Va chercher le rayon qui manque à ton ciel noir.



ÉDITH


Près du foyer héréditaire,
Je m’assieds comme un exilé ;
C’est là, surtout, qu’il faut se taire,
Car mon mal doit rester voilé.
L’âme à qui j’empruntais ma vie,
Elle dort sous le froid linceul…
Et dans ce monde où l’on m’envie,
Mon cœur est seul.

Quand, parfois, un mot de tendresse
Me rendrait mon deuil plus léger,
La lèvre à qui mon cœur s’adresse
Me parle un langage étranger.
Nous répétions si bien ensemble