Ouvrir le menu principal

Page:Laprade - Les Symphonies - Idylles héroïques, Lévy, 1862.djvu/108

Cette page n’a pas encore été corrigée



II

C’est ainsi qu’il entend, au coucher du soleil,
Parler ses passions et les échos du monde ;
Mais bientôt, en lui-même, une voix plus profonde
Oppose au désespoir un plus ferme conseil :

Oui, si j’écoute-en moi les sens et la nature,
Tout ce qui doit finir,
Je pleure et je maudis, ou du moins je murmure,
Quand je devrais bénir.

Cependant, au plus fort du blasphème et du doute,
Dans ma plus sombre nuit,
Une infaillible voix me parle et je l’écoute,
Une clarté me luit.

C’est toi, saint idéal, c’est toi qui m’illumines !
J’ai gardé ton flambeau ;
C’est toi qui fais briller, du sein de mes ruines,
L’astre éclatant du beau.

Par toi m’est révélé notre but invisible.
A ton amour divin,
Mon cœur, libre des sens et désormais paisible-,
N’aspire pas en vain.