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Page:Lamontagne-Beauregard - La moisson nouvelle, 1926.djvu/76

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LA MOISSON NOUVELLE


Son courage, jamais ne fut vaincu ni las,
Et, durant trois longs mois sur le « Saint-Nicolas »,
Cette fille, portant la bravoure des sages,
Se pencha jour et nuit sur ces pauvres visages,
Emplissant de respect l’âme des matelots,
Et pure comme l’aube éparse sur les flots !
Et maintenant au sein de la forêt déserte,
À tant d’affreux dangers, humble victime offerte.
Le cœur brûlé d’amour et d’immolation,
Elle va commencer sa sainte mission.
Malgré ces bois profonds aux farouches murmures,
Malgré les Iroquois cachés sous les ramures,
Avec les sœurs Crolo, Raisin, Hioux, Chatel,
Elle trace ici-bas un sillon immortel…
Son toit est une ruche où le travail fourmille ;
Elle va, vient, guidant sa très jeune famille,
Et sa voix se mêlant au bruit fin des ciseaux
Chante et gazouille ainsi qu’un ramage d’oiseaux…