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— «81 — CYCADACÉES Zamiostrobus SaportanusSchimp. Cône femelle. et les restes silicifiés dans diverses couches géologiques, n’ont jamais présenté des combinaisons très variées de formes. Les paléontologistes ont établi des genres en se servant soit des feuilles, soit des inflorescences, des fruits, des troncs ; mais les efforts faits pour rapprocher les genres créés isolément d’après ces diverses parties n’ont amené que la confusion et donné lieu à une synonymie inextricable. De Saporla a cherché à introduire quelque ordre dans ce chaos ; les feuilles ou improprement frondes, les pétioles et les écailles gemmaires sont représentés par les genres Cycadites Brgt, Podozamites F. Br., Zamites Brgt, Otozamites F. Br., Sphenozamites Brgt, Cycadorachis Sap. et Cycadolepis Sap. ; les organes de la fructification mâles et femelles par les genres Ândrostrobus Schimp., Cycadospadix Schimp., Zamiostrobus Endl. et Cycadcospcrmum Sap. ; enfin les tiges ou fragments de tiges par les genres Bolbopodium Sap., Cylindropodium Sap., Platylepis Sap., Clathropodium Sap., Fittonia Carr. et Cycadomyelon Sap. Les vraies Cycadacées, celles que nous venons d’énumérer, ne remontent guère au delà du permien ou du carbonifère supérieur. Mais l’origine du groupe est plus ancienne, car nous voyons dès le carbonifère moyen apparaître les Nceggerathia, du type du N. foliosa Sternb. de Badnitz, qui appartient au carbonifère moyen ; c’était une Cycadacée toute primitive (V. Noeggerathia). Ad. Brongniart a en outre signalé dans le carbonifère des Cycadoxylées, autres Cycadacées primitives, telles que Colpoxylon Brongn. et Mcdullosa Cotta, et ajoutons-y avec B. Renault Cycadoxylon B. Ren. (V. ces mots). En somme, du carbonifère moyen au permien et même encore dans ce dernier terrain, les vestiges de Cycadacées sont extrêmement rares. N’oublions pas cependant que Grand’Eury a découvert une vraie Cycadacée dans le carbonifère supérieur de Monchanin (Saône-et-Loire), un Pterophyllum lirgt, genre très puissant dans le trias, particulièrement dans la couche keupérienne. Dans les terrains secondaires, les Cycadacées deviennent de plus en plus nombreuses et même dominantes à l’époque jurassique ; ce sont elles qui donnaient, avec les Conifères, leur caractère aux forêts de cette époque, comme on le voit du reste sur des coupes des dirt-beds de l’Ile de Portland . Le grès bigarré des Vosges offre le Pterophyllum Hogardi Schimp. et Moug. et le Zamites vogesiacus Schimp. et Moug., qui se continuent dans les marnes irisées en s’adjoignant de nouveaux genres. Dans l’inf’ralias ou rhétique, les genres sont nombreux ; citons : Pterophyllum lirgt, Anomozamites Schimp., Ctenophyllum Schimp.. Pterozamites Schimp., Dioonites Born., Podozamites F. Br., Cycadites, Cycadeospermum ; dans le lias on trouve : Glossozamites Schimp., Cycadites, Clathraria Schimp., Cycadospa-dix, etc., et en plus dans l’oolithe, l’époque de la plus grande puissance des Cycadacées, Sphenozamites Brgt,Ptilophyl-Inni Mntt. Cyclozamites, Rhombozamites, Zamiostrobus Endl., Beania Carr., etc. .Mais parmi ces nombreux genres, les Cycadites et Podozamites seuls sont assez bien Zamites epibius Sap. Podozamites distans Prest. connus pour permettre de déterminer leurs vraies affinités, leurs rapports étroits avec les Cycas actuels et les Zamia et Macrozamia actuels, et en même temps pour jeter delà lumière sur les Cycadacées secondaires en général. On a du reste trouvé au Groenland un vrai Cycas, le C. Steenstrupi Heer, extrêmement voisin du Cycas revoluta actuel du Japon ; les Podozamites étaient répandus sur toute l’Europe, la Sibérie et les régions polaires. Nous devons une mention spéciale au Beania gracilis Carr., de l’oolithe, et au Zamiostrobus crassus Schimp., du wealdien de l’Ile de Wight. Le nombre des Cycadacées est déjà bien réduit dans le corallien et dans le wealdien ; à partir de la craie supérieure, on perd de vue les Cycadacées européennes, mais comme le font remarquer de Saporta etMarion, les genres secondaires aujourd’hui éteints ont dû y mener encore une vie obscure et subordonnée, en sorte que leur disparition définitive ne daterait (pie de l’âge tertiaire. En effet, dans l’oligocène (miocène inférieur) ne restaient plus que le Zamites epibius Sap. et le Zamiostrobus Saportanus Schimp. ; ajoutons, comme l’une des dernières Cycadacées de l’Europe, VEncephalartos Gorceixianus Sap., du miocène de Koumi (Eubée), appartenant à un genre africain actuel , qui a rétrogradé vers le S. avec bien d’autres plantes. Ainsi, avancées jusque vers le pôle, les Cycadacées ont été refoulées vers les zones chaudes par suite du refroidissement progressif des régions polaires pendant la période tertiaire, ainsi que les Fougères arborescentes et les Palmiers avec lesquels elles présentent du reste une ressemblance de port frappante ; en même temps leur nombre a considérablement diminué. L’Europe n’en possède plus depuis la fin du miocène ; il en reste au sud du Japon, mais elles ont disparu des lies plus septentrionales et de l’Ile de Sakhalien, également à l’époque miocène. Les Cycadacées se divisent en quatre groupes naturels, parmi lesquels les Encephalartées ne sont représentées aux époques géologiques que par l’espèce ci-dessus citée et les Stangériées n’ont pas encore été trouvées ii l’état fossile. Il est donc infiniment probable que les Cycadacées fossiles se rapportaient presque exclusivement aux deux familles des Cyeadées proprement dites et des Zœmiées qui dominent également aujourd’hui. Le nombre d’espèces fossiles connues approche de trois cents. — Nous avons vu que le genre le mieux connu de la famille des Cycadacées est Cycadites Sternb. , dont les feuilles se rencontrent dans la Zamites Moreaui Br^’t.