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LE MANDARIN.

plantes étiolées placées sur son balcon, les fleurs éblouissantes de son pays.

— Oh ! mes belles fleurs, dit le jeune Chinois ! Oh ! mon beau soleil ! Et vous, mes fontaines jaillissantes, chantez-vous encore loin de moi ? Mes yeux ne se sont point réjouis à regarder les fleurs de France, mon cœur n’a point tressailli au murmure des cascades étrangères…

Quelqu’un frappe à la porte :

— Ouvrez ! dit le mandarin.

Un homme entre et Pé-Kang se précipite au devant de lui :

— Les génies bienfaisants vous conduisent, dit-il au visiteur ; ce mauvais temps me faisait regretter la Chine ; me voici tout joyeux et réchauffé ; il y a d’autres rayons que ceux du soleil.

L’étranger sourit, et prenant la main du jeune Chinois :

— Cette vilaine journée, répondit-il, m’attriste autant que vous ; je venais dans la louable intention de mêler mes regrets aux vôtres, et j’ai quelque droit de m’étonner que ma présence vous apporte de la joie.