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LE MANDARIN.

mais que ses protestations avaient été vaines et impuissantes, parce que le fils du ciel, auteur de ce vol, était le chef sacré d’une religion infaillible.

Dire l’ébahissement du jeune Chinois serait tâche trop difficile.

Pé-Kang lisait les journaux et voyait chaque jour aux dernières colonnes le récit d’histoires épouvantables. C’étaient des enfants tués par leur mère, par leur père, par leur frère, par leur sœur, par des fous ; puis des nourrissons confiés à des soins mercenaires, souffrant mille fois la mort par la faim, le froid, la misère et l’abandon ; puis encore des enfants jetés aux pourceaux !!!

Il acheta des livres qui appelaient l’attention du gouvernement sur ces cruautés, et il retrouva dans ces livres les arguments qu’il avait trouvés dans les livres chinois, à propos des mêmes cruautés.

— Hélas ! se dit le mandarin, on commet des crimes sous tous les cieux ! Dans chaque pays, il y a des âmes compatissantes qui souffrent des