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LE MANDARIN.

d’un wagon le paysage qui se déroulait à leurs regards.

Pé-Kang vit passer Mazas, et, à l’aspect de cette sombre prison, qui dit tant de désespoirs secrets, il ne put réprimer quelques mouvements de pitié.

— Pauvres gens, dit-il, forcés de souffrir en silence, et victimes pour la plupart des passions ou des nécessités sociales !

Le train descendit les voyageurs à une assez grande distance du lieu de leur destination. Quoique le temps fût incertain, le général C… et Pé-Kang prirent bravement a pied le chemin de la redoute.

L’époque de la moisson approchait, et le jeune Chinois jetait sur la plaine des regards étonnés.

— Général, demanda-t-il, l’agriculture est elle honorée en France ?

— Certes, répondit celui-ci, et il m’est facile de vous en convaincre. En face de vous se trouve une ferme aux produits de laquelle notre empereur ne dédaigne pas de s’intéresser ; il en sur-